DE LA PLACE QUE DOIT OCCUPER L' EMBOUCHURE SUR LES LÈVRES et du coup de langue
La manière de poser l’embouchure est loin d’être indifférente, c’est de la place précise qu’elle occupe sur l’une ou l’autre lèvre, que dépendent la qualité des sons et l’aptitude à parcourir l’étendue respective de chaque genre.
Aussi, depuis longtemps il est admis en principe que la lèvre supérieure contribue essentiellement à l’exécution, puisqu’elle reçoit la plus forte pression. En thèse générale, les premiers comme les seconds cors, quelle que soit d’ailleurs l’épaisseur de leurs lèvres, doivent poser l’embouchure au milieu de l’are des lèvres, deux tiers de son diamètre portant sur la lèvre supérieure, un tiers sur la lèvre inférieure.
L’embouchure étant ainsi posée, les lèvres se retirent vers les angles da la bouche, de manière à laisser à leur centre une ouverture d’environ un centimètre en longueur, prise sur l’une et l’autre lèvre, et un millimètre et demi en largeur. Cette ouverture suffisante pour former les sons du médium, doit être plus ou moins rétrécie ou élargie, selon que l’on veut monter ou descendre.
Ces principes étant observés quant à l’embouchure et aux lèvres, le bout de la langue, aminci le plus possible à son extrémité, doit venir fermer hermétiquement l’ouverture laissée au centre des lèvres; la langue doit se retirer ensuite, en se repliant sur elle-même, par un maniement spontané, comme pour rejeter hors de la bouche un objet du volume d’un pépin de fruit. C’est ce mouvement rapide de la langue, qui produit le son dans l’instrument et s’appelle coup de langue, dénomination, qui, pour n’être point de la plus scrupuleuse exactitude, ne laisse pas d’avoir été adoptée et consacrée par l’usage.
Plusieurs professeurs, dans leurs méthodes, prétendent que pour produire le son sur l’instrument, il faut, en donnant le coup de langue, prononcer l’une ou l’autre des syllabes daon, ta, da, tou, dom etc. Aucun de ces mots ne me paraît devoir être adopté et selon mon avis le seul convenable est tu prononcé du bout de la langue, excluant tout son verbal ou musical; en un mot, pour me faire mieux comprendre, ce son prompt et étouffé rendu par le grain de poudre qui prend feu.