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RECOMMANDATIONS DIVERSES ADRESSÉES AUX ÉLÈVES.

L’Élève doit n’exécuter que de la musique proportionnée à sa force, et par conséquent s’astreindre à n’étudier les leçons de cette méthode que successivement et dans l’ordre où elles sont présentées. Qu’il se pénètre bien d’avance que des tentatives impuissantes et prématurées pour aborder les difficultés, loin de hâter ses progrès, peuvent, au contraire, les retarder et quelquefois même les arrêter entièrement.

La nature du Cor n’ayant pas permis d’en multiplier et varier la musique à l’infini, l’étude du Piano, du Violon ou du Violoncelle pourra avec plus de succés hâter le développement des facultés musicales; l’élève qui cultivera simultanément avec le Cor un de ces instrumens, en retirera les plus grands avantages et ajoutera à son instruction de bonnes et utiles connaissances.

Pour se destiner au Cor, il faut avoir, avant tout, une vocation bien prononcée; mais cela ne suffit pas encore; il faut en outre être doué d’une bonne constitution physique.

La régularité des dents sur lesquelles s’appuie l’embouchure et l’heureuse conformation des lèvres, sont choses indispensables et de première nécessité.

L’Élève, dans les commencemens surtout, ne devra donner à ses exercices qu’une courte durée, et en les renouvelant fréquemment il parviendra à fortifier ses lèvres qu’il affaiblirait au contraire par un travail forcé.

La nature n’ayant pas donné à tous les élèves la même organisation, les points sur lesquels devront être dirigées plus particulièrement les études varieront en raison des dispositions individuelles. A celui qui aura la langue lourde et paresseuse, je conseillerai de s’exercer de préférence sur des morceaux vifs et légers; celui, au contraire, à qui ce genre sera facile, fera bien de varier ses études sur des morceaux de mouvemens et de caractères différens.

Aussitôt que les lèvres se fatiguent et que le son s’altère on doit s’arrêter.

Il faut autant que possible ne respirer que sur des repos mélodiques, et ne jamais attendre que l’haleine soit entièrement épuisée.

L’étude trop rapprochée du repas et pendant la digestion peut nuire à la bonne exécution et même à la santé.

Avant de s’accorder ou de commencer un morceau avec accompagnement, il est nécessaire de souffler dans l’instrument, pour en hausser le diapason, afin d’éviter qu’il ne monte subitement après les premières mesures. On aura soin, en outre, de profiter des premières pauses pour rectifier de nouveau l’accord, au moyen de la coulisse, sans interrompre l’exécution.

Je ne saurais trop recommander aux élèves de s’abstenir de la fâcheuse manie de préluder sans nécessité; cette habitude à laquelle trop d’instrumentistes sont enclins loin de favoriser l’exécution, lui est au contraire très nuisible.

Enfin, puisque je suis amené à signaler les mauvaises habitudes, et à parler des précautions à prendre pour se placer, autant que possible, dans des conditions de succès, je vais appeler l’attention sur une chose à laquelle on n’attache pas toujours assez d’importance; c’est à la manière d’oter l’eau du Cor.

On ne peut guère s’acquitter convenablement de cette besogne que pendant un tutti, ou en profitant de quelques mesures de silence. Je vais indiquer le mode qui m’a semblé le meilleur.

Avant d’oter l’embouchure il faut, sans produire aucun son, donner de légers coups de langue pour détacher des parois du Cor les globules aqueuses, et se bien garder, comme je l’ai vu faire à quelques personnes, d’aspirer l’eau, ce qui exposerait quelquefois à avaler des parcelles de vert-de-gris. L’embouchure otée, on saisit le Cor avec la main droite, au dessus du tenon qui est fixé d’un coté à la branche, et de l’autre au pavillon, et on le secoue en lui imprimant, en avant, un mauvement de haut en bas.

Cette manière s’emploie très bien avec un Cor-solo où toutes les parties de l’instrument se tiennent. Si on voulait en faire usage avec un Cor d’orchestre, il faudrait avant de le secouer être sûr que le ton y est parfaitement fixé, autrement on s’exposerait à le voir se détacher et se fausser en tombant. Il est plus prudent d’avoir recours au moyen que j’indique ici:

On saisit l’instrument de la main droite, en peu au dessus de l’endroit où le ton s’y adapte, de maniére a avoir parfaitement l’un et l’autre dans la main; alors on le renverse, sans lui imprimer ni secousse ni mouvement brusque, et l’eau s’en échappe d’elle même.

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By Julius Pranevičius